• Protection et mise en valeur des milieux naturels
    Protection et mise en valeur des milieux naturels
  • Implication citoyenne et sensibilisation à l’environnement
    Implication citoyenne et sensibilisation à l’environnement
  • Gestion écologique et revitalisation de milieux naturels
    Gestion écologique et revitalisation de milieux naturels

 

Suivi de l’utilisation du milieu par la sauvagine

Le terme « sauvagine » désigne l’ensemble des oiseaux aquatiques sauvages migrateurs, tels que les canards, les échassiers, les cygnes, les oies, etc. Et le parc des Rapides a précisément le mandat d’incarner un refuge et un sanctuaire pour tous les oiseaux migrateurs !

Le suivi de l’utilisation du parc des Rapides par la sauvagine fait donc partie des multiples mandats de Michel Beaulieu, naturaliste d’expérience travaillant pour le compte d’Héritage Laurentien. Dans le cadre de ses fonctions, il assure le suivi de plusieurs espèces dans le but de faire des recommandations à l’équipe d’entretien et à l’équipe horticole. Il précise quels endroits devraient demeurer intacts et quelles plantes ne devraient pas être taillées. La végétation protège souvent la femelle ainsi que les œufs dans le nid. La faune a ses habitudes à l’intérieur du parc des Rapides, et la nidification est notamment impossible pour certaines espèces si on taille certains éléments de la flore au niveau du sol. Michel Beaulieu insiste sur l’importance de cet aspect de son travail : « C’est très important parce que si on taille certains arbustes, ce n’est pas même repoussé l’année suivante donc ça diminue le taux de reproduction à moyen terme. »

 

Le suivi bioécologique de ces oiseaux ne s’arrête pas aux recommandations concernant les endroits propices à la nidification. Chaque semaine, Michel Beaulieu observe également les habitudes alimentaires de la sauvagine. Et il a pu observer que celles-ci ont été modifiées pendant la crue des eaux historique au parc durant l’été 2017. Les canards se rapprochaient plus de la rive, notamment dans le grand bassin où on retrouvait des canards qui venaient s’alimenter très près sur de la végétation flottante. Dans l’impossibilité de creuser pour aller déloger des racines ou se nourrir de planctons dans les lacs ou dans le fleuve, certaines espèces s’alimentaient strictement en surface avec des graines provenant des arbres comme le peuplier à feuilles deltoïdes.

 

 

Suivi de la nidification des sternes pierregarins

 

Objectifs :

  • Suivi des populations de sternes
  • Suivi de l’évolution de l’habitat
  • Suivi et contrôle du goéland prédateur

 

Une arrivée massive de goélands à bec cerclé est notée sur les sites favorables à la nidification de la sterne pierregarin au cours des années 1990. Or, ces types de sites sont très rares dans la région. Conséquemment, la population de sternes avait drastiquement diminué. En 1999, un contrôle de la nidification du goéland à bec cerclé était exercé pour la première fois dans les rapides Lachine. Grâce à Héritage Laurentien et à ses prédécesseurs dans le dossier, la population nicheuse de la sterne pierregarin est désormais pratiquement 11 fois supérieure à ce qu’elle était en 1998, passant de 48 nids à environ 525 en 2013 et 2014 !

 

Après un hiatus de 2 ans (2015 et 2016), le contrôle du goéland à bec cerclé et le suivi de la population de sternes pierregarins reprenaient en 2017. L’équipe d’Héritage Laurentien se rend sur place à la fin de mai ou au début de juin pour débuter le suivi de la nidification et y retourne subséquemment chaque semaine pendant un mois.

 

Les sternes sont donc une espèce suivie dans le cadre du contexte de protection des oiseaux migrateurs de la région. Leur nidification doit impérativement se faire sur de petites îles rocheuses protégées à proximité de l’île des Sœurs. Elle serait néanmoins excessivement complexe sans nos interventions. D’abord, la « désherbification » complète des îles doit être assurée. Les plantes rampantes présentes sont retirées. Mais la tâche la plus lourde vient ensuite du fait que des goélands nichent à cet endroit juste avant le retour de migration des sternes pierregarins. De petits goélands argentés ou à becs cerclés se placent autour de l’île, mais le plus nuisible est le goéland marin qui va se placer au centre et qui va y pondre ses œufs. Il s’agit d’un oiseau assez gros; il est uniquement possible de le repérer à proximité d’étendues d’eau. La progéniture de ces goélands perce les œufs des sternes.

 

La solution à cette problématique causée par tous ces goélands est de mettre du cordage avec des tiges de métal pour constituer un grand réseau de cordes sur l’île. Les sternes sont ainsi souvent capables d’aller se poser et de redécoller alors que les goélands sont trop gros pour faire de même. Le goéland marin, qui n’est pas une espèce que l’on souhaite éradiquer, va ainsi pondre ailleurs et ne revient plus pour le reste de la saison. Les goélands sont d’ailleurs également des oiseaux migrateurs, mais leur statut est moins précaire que celui des sternes. Le dispositif de cordages est retiré dès qu’il y a des oisillons afin d’éviter un stress excessif pour les sternes adultes qui travaillent alors 24/7 pour nourrir les petits !

 

 

Étude sur l'état de la population de couleuvres brunes

 

La couleuvre brune a été placée en 1992 sur la liste des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables au Québec. Il s’agit du serpent le plus rare dans la province. Sa présence se limite essentiellement à la grande région de Montréal et est principalement associée aux différentes îles qui la parsèment. Cette petite couleuvre discrète fréquente au Québec les milieux ouverts et la lisière des boisés. On la trouve sous différents abris où les conditions d’humidité favorisent la présence de ses proies.

 

Cerner l’étendue des populations et cibler les secteurs utilisés par l’espèce

Les inventaires réalisés en 2010 par Héritage Laurentien s’inscrivaient dans la continuité de la première phase du projet mis en œuvre en 2009. Le but de cette phase préliminaire consistait avant tout à dresser une vue d’ensemble de la population de couleuvres brunes dans la région inventoriée. Un total de 510 individus a alors été observé. La démarche avait comme finalité de cerner l’étendue des populations et de cibler les secteurs utilisés par l’espèce afin de pouvoir mener des études d’abondance dans les milieux les plus favorables au cours de l’année 2010.

 

 Deux méthodes ont été utilisées en 2009.  
 

La recherche active :

La recherche active s’effectue en groupe de 2 à 6 personnes. Chaque secteur de l’aire d’étude est alors parcouru soigneusement par les participantes et participants afin de soulever tout élément du paysage qui pourrait servir d’abris à la couleuvre brune.

 

L’installation et la levée de bardeaux d’asphalte :

L’installation de bardeaux d’asphalte (tuiles goudronnées) offre aux couleuvres un abri artificiel intéressant en plus de faciliter la thermorégulation grâce à leur surface foncée qui se réchauffe facilement au soleil. Un total de 433 bardeaux a été disposé sur le territoire.

 
   


Déterminer plus précisément la taille et l’état des populations

La finalité de la deuxième phase de l’étude réalisée en 2010 était ensuite de déterminer plus précisément la taille et l’état des populations de couleuvres brunes dans les secteurs ciblés l’année précédente. Le territoire inventorié est alors constitué d’une aire discontinue composée de 17 sites distincts où une concentration d’observation de couleuvre brune a été enregistrée lors de la première phase de l’étude.

 

Localisation des stations d'échantillonnage de couleuvre brune

 

Selon les effectifs estimés, l’aire d’étude abriterait au total entre 546 et 814 individus âgés de plus d’un an, auquel on peut additionner entre 519 et 892 serpenteaux dont il est cependant difficile d’évaluer le taux de survie au premier hiver. Cette aire se situe sur le territoire des arrondissements de LaSalle et de Verdun, de même que sur une petite section de l’arrondissement du Sud-Ouest de part et d’autre du pont Champlain.

 

Assurer la pérennité des populations répertoriées

Le territoire en question est donc densément peuplé et le milieu naturel est beaucoup utilisé à des fins de loisirs. Cette forte présence humaine occasionne un dérangement certain pour la faune en place qui doit cohabiter avec les randonneuses et randonneurs, les pêcheuses et pêcheurs, les ornithologues et les cyclistes qui utilisent les nombreuses pistes qui longent le fleuve Saint-Laurent. L’habitat de ces populations est donc soumis à de nombreuses et considérables pressions. La pérennité de ces populations ne saurait être assurée en l’absence de certaines précautions. Les principales menaces qui planent au-dessus de la couleuvre brune dans la région peuvent être regroupées en trois groupes : la destruction d’habitat, la mortalité directe et la fragmentation du territoire.

 

  1.  La perte d’habitat est une menace inquiétante pour plusieurs sites de l’aire d’étude, principalement dans le secteur de l’île des Sœurs. Le développement immobilier est intense et les constructions se rapprochent de plus en plus de certains sites particulièrement utilisés par la couleuvre brune. Les solutions sont peu nombreuses et se résument à s’assurer que les populations soient répertoriées justement et rapidement dans la base de données du CDPNQ afin que leurs existences puissent être prises en considération lors des développements futurs.

 

  1.  La présence d’un réseau de pistes cyclables très développé sur le territoire d’étude représente de son côté une source de mortalité importante pour la couleuvre brune. L’installation d’un système de clôtures aménagé afin de diriger les individus vers l’entrée d’un ou de plusieurs passages souterrains serait une idée bénéfique intéressante. Des coûts importants peuvent cependant être rattachés à ce genre d’installations et des alternatives plus économiques sont possibles. Une de ces alternatives repose sur l’invitation aux cyclistes à plus de vigilance dans les tronçons de piste critiques. Cette vigilance peut être encouragée à l’aide de panneaux d’interprétations et de simples pictogrammes positionnés à des endroits stratégiques le long de la piste cyclable.

 

  1.  Enfin, bien que la couleuvre brune soit un reptile sédentaire, elle n’en est pas moins affectée par la fragmentation de son habitat puisque les migrations automnales vers les sites d’hivernage requièrent un habitat continu. De plus, l’utilisation de la bande riveraine comme habitat semble s’accompagner de certains changements comportementaux faisant en sorte que les individus se déplacent plus fréquemment et sur de plus longues distances que ce qui est rapporté dans la littérature scientifique. Dans ce contexte, la fragmentation du milieu peut avoir des impacts non négligeables sur le maintien des populations établies en bande riveraine. Une attention particulière devra être portée à toute modification importante des berges, que ce soit dans le cadre de terrassements esthétiques ou de l’aménagement de plage ou de descente pour bateaux !

 

 

Inventaire de la communauté de poissons de la région & pêche scientifique

 

Pêche scientifique en votre compagnie

Chaque dimanche de la saison estivale à compter de 13h00, les spécialistes de la faune d’Héritage Laurentien offrent à tout le monde la chance de participer à une pêche scientifique tout en contribuant à l’inventaire de la communauté de poissons de la région ! C'est un rendez-vous qui vous est donné à la pointe de la jetée est du parc des Rapides. Apres être entré dans le parc, il vous faudra passer les trois ponts, tourner à gauche, puis marcher jusqu'au bout de la jetée pour nous retrouver !

 

À l’aide d’un grand filet de type seine, un engin de pêche utilisé en surface pour encercler les poissons, notre équipe fait l’inventaire des espèces présentes dans le bassin de la Saulaie du parc des Rapides. Depuis les débuts de cette activité, nous avons recensé plus de 50 espèces de poissons, dont l'esturgeon jaune et l'alose savoureuse, deux espèces en situation précaire au Québec. Les données recueillies lors de ces études confirment que le parc des Rapides jouit d’une biodiversité très élevée qu’il est important de mettre en valeur et de protéger !

 

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Notre volonté de dresser un portrait de la riche et diversifiée communauté de poissons de la région des rapides de Lachine prend initialement forme en 2008. Elle a pour objectif de pallier un manque d’informations en offrant un meilleur aperçu de la diversité de la communauté de poisson du secteur du fleuve allant des rapides de Lachine jusqu’au bassin de LaPrairie. Les plus récentes données dataient précédemment du projet Archipel de 1978-1979. Nos années d’inventaires hebdomadaires ont permis de capturer et observer un éventail de 55 espèces différentes, nombre auquel on peut ajouter 5 espèces capturées et photographiées clairement par des pêcheurs sportifs et des photographes animaliers fréquentant le parc. Il s’agit d’une richesse des plus surprenantes puisque certaines de ces espèces ont un statut précaire ou sont intolérantes à la pollution.

Contexte géographique

Le fleuve Saint-Laurent, dont le bassin hydrographique avoisine un million de km2, est la principale voie d’écoulement des eaux vers l’océan Atlantique au sud de la province. La section du fleuve qui parcourt le sud-ouest de la région montréalaise recueille les eaux de plusieurs tributaires majeurs tels que la rivière des Outaouais et la rivière Châteauguay. La zone d’étude, constituée du territoire du parc des Rapides au cœur de l’arrondissement LaSalle, à Montréal, se retrouve en aval de ce carrefour maritime, près de la rive nord des rapides de Lachine.

 

Contexte écologique

Ce milieu présente un ensemble d’habitats aquatiques variés comprenant des secteurs d’eaux calmes peu profondes à proximité d’herbiers ainsi que des eaux plus rapides comme les rapides de Lachine. La situation géographique du secteur bordé en amont par le lac Saint-Louis et en aval par les petit et grand bassins de LaPrairie fait en sorte que la région présente une diversité importante d’habitats favorisant une richesse impressionnante de la communauté de poissons.

 

Contexte sociologique

La zone d’étude présente un ensemble de facteurs sociologiques particuliers dus à la forte densité de population de la ville de Montréal. Le parc des Rapides est un des milieux riverains naturalisés les plus fréquentés de la ville. La perception du fleuve qu’ont les gens est, de manière générale, assez négative. Plusieurs ne le perçoivent pas comme une richesse naturelle, mais plutôt comme un milieu pollué à faible diversité biologique. Un projet d’échantillonnage sur ce site impliquant la communauté permet donc de combiner deux objectifs : la mise à jour des connaissances scientifiques sur les effectifs et la diversité des poissons de la région ainsi que la présentation de la faune que le fleuve Saint-Laurent abrite au public montréalais !

 

Inventaire de la communauté de poissons de la région

 

Captures de 2017                                                  Espèces précédemment capturées (dernière capture)
Achigan à grande bouche  Méné à museau arrondi    Anguille d'Amérique  (2016) Laquaiche argentée  (2016)
Achigan à petite bouche  Méné à tache noire    Barbue de rivières (2013) Lépisosté osseux  (2015)
Barbotte brune  Méné bleu    Bec-de-lièvre  (2014) Malachigan  (2016)
Chevalier blanc  Méné d’argent    Chabot visqueux  (2016) Maskinongé  (2014)
Chevalier rouge  Méné émeraude    Crapet arlequin  (2016) Méné à nageoires rouges (2016)
Couette  Méné paille    Dard barré  (2014) Méné jaune  (2016)
Crapet de roche  Méné pâle    Épinoche à cinq épines (2016) Méné ventre citron  (2008)
Crapet-soleil  Meunier noir    Esturgeon jaune  (2016) Mulet perlé (2010)
Crayon-d’argent  Museau noir    Gaspareau  (2016) Naseux des rapides  (2009)
Doré jaune  Omisco    Lamproie argentée  (2016) Naseux noir (2014)
Doré noir  Ouitouche           
Fondule barré  Perchaude           
Fouille-roche zébré  Poisson-castor           
Gobie à taches noires  Queue à tache noire           
Grand brochet  Raseux-de-terre gris           
Méné à grosse tête  Tanche           
Méné à menton noir  Tête rose           

 

Espèces non capturées au filet, mais observées au parc des Rapides

  • Alose savoureuse (Alosa sapidissima)
  • Carassin (Carassius auratus)
  • Grand corégone (Coregonus clupeaformis)
  • Truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss)
  • Omble de fontaine (Salmo fontinalis)
  • Koï (Cyprinus carpio haematopterus)
  • Bar rayé (Morone saxatilis)

 

Espèces en situation précaire

En vertu des critères utilisés par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), l’esturgeon jaune et l’anguille d’Amérique sont des espèces dont le statut est particulier, car leurs situations sont jugées préoccupantes. Ces deux espèces ne figurent pas parmi les captures enregistrées en 2017, mais elles ont été identifiées au cours des années précédentes et pourraient très bien être toujours présentes dans le secteur.

 

À l’échelle provinciale, le Ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCCC) utilise aussi une classification qui lui est propre. L’esturgeon jaune, le tête rose et l’anguille d’Amérique sont les espèces capturées depuis le début des inventaires qui bénéficient d’un statut particulier pour le ministère. Elles sont inscrites à la liste des espèces susceptibles d’être désignées espèces menacées ou vulnérables. Malgré l’absence de statut provincial défini, la couette mérite aussi une attention particulière en vertu de son rang S (S3S4).

 

Des espèces qui sont intolérantes à la pollution ont aussi été répertoriées au parc des Rapides depuis 2009 : la laquaiche argentée, le bec-de-lièvre, le museau noir, le méné à menton noir, le méné pâle et la tête rose. La sensibilisation du public par rapport à l’amélioration de la qualité de l’eau des rapides et à la présence de ces espèces intolérantes à la pollution lors de nos échantillonnages est essentielle à la protection de l’habitat pour ces poissons.

 

Espèces exotiques invasives

Deux espèces exotiques envahissantes sont fréquemment capturées sur le site, soit le gobie à taches noires et la tanche. Pour plus d’informations sur ces espèces et sur les raisons pour lesquelles elles se rendent indésirables, vous pouvez consulter le bas de notre section sur la gestion écologique au parc des Rapides !

 

La tanche

Jamais observée dans les captures enregistrées sur l’aire d’étude entre 2008 et 2010, un premier spécimen de tanche, d’âge juvénile, fut récolté en août 2011 sur le site secondaire de la Saulaie. Deux autres individus, d’âge adulte, ont par la suite été récoltés en septembre sur le site principal de la jetée est. En 2012, cinq individus d’âge juvénile ont été capturés. La présence à la fois de jeunes individus et d’adultes laisse présager qu’une population reproductive est présente dans le secteur. Absente des données de captures en 2013, une tanche a de nouveau été capturée en 2014 et une autre l’a été en 2015. L’année 2016 est marquée par un nombre de captures sans précédent de l’espèce, alors que 38 individus sont comptabilisés. Il s’agit de l’équivalent de plus d’une tanche par pêche hebdomadaire; la situation est inquiétante et il sera par conséquent important de suivre attentivement son évolution au cours des prochaines années.

 

Le gobie à taches noires

Les premières captures de gobie à taches noires enregistrées sur le site étudié remontent pour leur part à 2009. Aucun spécimen n’avait été capturé lors de la première année d’étude en 2008, ce qui laisse croire que l’établissement de l’espèce, en nombre significatif à tout le moins, est relativement récent.  En 2009 et 2010, le nombre d’individus capturés était modéré. En 2011 et 2012, ce fut une tout autre histoire. Une grande proportion des captures enregistrées toutes espèces confondues étaient des gobies à taches noires. Un poisson sur trois en 2011 et un poisson sur cinq capturé en 2012 appartenaient à cette espèce. Les niveaux depuis demeurent plus bas que les pointes enregistrées en 2011 et 2012. Parc contre, même si moins furent capturées, le gobie à taches noires représente le quart des poissons récoltés par pêche en 2016 ce qui est redevenu proportionnellement comparable à 2011 et 2012. Les données ensuite enregistrées en 2017 s’avèrent dévastatrices au premier coup d’œil puisque 75,6 % des captures enregistrées au site principal étaient des gobies à taches noires, soit plus de 3 spécimens sur 4. Il convient cependant de relativiser ce résultat afin de ne pas en tirer de conclusions erronées.

 

Lors des saisons 2010, 2014, et dans une moindre mesure 2013, les captures de gobie à taches noires enregistrées étaient concentrées à l’automne, à partir du mois d’août. Cette forte tendance n’est cependant pas observée en 2011, 2012 et 2015 puisque dès le printemps beaucoup d’individus étaient capturés. Le profil temporel des captures pour 2016 se montrait fort différent des années antérieures. En effet, deux pointes distinctes de captures sont enregistrées, soit au printemps (mai) et à l’automne (septembre et octobre), avec un net recul en période estivale. Ainsi, il est historiquement observé que le gobie à taches noires est systématiquement surreprésenté dans les captures automnales. Rappelons qu’en raison des inondations atypiques de 2017, l’entièreté des pêches scientifiques a eu lieu justement lors de cette période comprise entre la fin du mois de septembre et la fin du mois d’octobre. Le suivi de l’évolution de la population de gobie à taches noires est tout de même en somme plus que jamais un point central des efforts de conservation et de mise en valeur du milieu aquatique de la région des rapides de Lachine par Héritage Laurentien.

 

Manipulation et conservation des spécimens

Les spécimens récoltés sont immédiatement triés par classe de taille dans des paniers finement maillés disposés à même l’eau du fleuve, réduisant ainsi les risques de choc thermique, de manque d’oxygène et de prédation. Une fois les filets soigneusement vidés, les poissons sont identifiés, leurs longueurs totales maximales sont mesurées, puis les poissons sont relâchés. Un aquarium de verre est utilisé pour prendre des photographies sans avoir à sortir les poissons de l’eau. Les espèces exotiques envahissantes capturées sont systématiquement euthanasiées et enterrées, ce qui aide au maintien de la biodiversité.

 

Conclusions

  • La diversité de la communauté est stable dans le temps;
  • La richesse du secteur étudié est parmi la plus élevée de l’ensemble de la province;
  • Il existe un équilibre dans la communauté entre l’abondance de grands prédateurs et celle des poissons-proies;
  • Le milieu subit des pressions dues à la présence du gobie à tâche noire;
  • La tanche, une autre espèce exotique envahissante, a fait son apparition sur le site et sa progression sera à surveiller.